Des Dominicains d’origine haïtienne attaqués avec des gaz lacrymogènes et arrêtés par la Police Nationale à Monte Plata

mardi 14 août 2012

Ana Maria Belique, porte-parole du groupe, déclare avoir demandé l’autorisation, il y a quelques jours au gouverneur de Monte Plata, pour réaliser cette activité, mais ils ont refusé sous prétexte qu’ils ne sont pas Dominicains et qu’ils n’ont pas le droit de manifester.

Malgré le refus, indique Belique, le groupe a tenté de manifester, mais ils ont été arrêtés par un contingent de policiers sous le commandement du colonel Antígua. Ces derniers ont dispersé la foule avec des gaz lacrymogènes et arrêté huit des manifestants pendant qu’ils poursuivaient les autres à travers les rues. Trois des détenus ont été battus par un agent de police connu sous le nom de Papo, membre de la direction anti-vol de la police. Cet agent de police les insultaient et leur demandaient d’aller manifester dans ‘’ leur pays’’.

Le mouvement Reconoci.do est composé de jeunes d’origine haïtienne qui cherchent la reconnaissance de leur citoyenneté dominicaine, pour avoir pris naissance en territoire dominicain avant la Constitution et les lois adoptant le jus sanguini justifiant la ‘’nationalité dominicaine’’.

En ce sens, plus de 120 des personnes frappées par ces mesures nationales ont été favorisées par plusieurs décisions de justice ordonnant la remise immédiate de leurs papiers. Cependant, les autorités de la Junte Centrale Electorale (JCE) refusent de livrer ces documents, ridiculisant ces sentences, en arguant que ces personnes ont été enregistrées illégalement.

Plusieurs de ces manifestations se sont déroulées dans diverses régions du pays où le mouvement Reconoci.do et son noyau institutionnel font appel à la mobilisation, tous les 12 du mois afin de partager et de socialiser avec les différents secteurs de la vie nationale.

À San Pedro de Macorís, le mouvement a tenu une manifestation depuis le parc Duarte jusqu’à la cathédrale San Pedro Apóstol au cours de laquelle les jeunes du mouvement portèrent une croix.

Dans l’homélie tenue à la fin de la promenade, Monseigneur Francisco Ozoria, évêque de ce district, a fait état des jugements prononcés en faveur de 28 victimes à San Pedro de Macorís et de 101 autres à Seibo, lesquels jugements que la JCE refuse de reconnaître. Il insiste sur le fait que cette institution soit tenue à remettre ces papiers aux victimes.

Il a également évoqué le contexte dans lequel vivent les Dominicains d’ascendance haïtienne, en soulignant l’état de la discrimination à laquelle ils sont exposés. Il a dit que ces jeunes ne connaissent pas d’autre terre, ils n’ont jamais été en Haïti et la République Dominicaine leur appartient aussi bien.

Il a souligné de même le point auquel ces jeunes se sont vus affectés par la mise en œuvre de la résolution 12 au niveau de leur éducation, santé, travail, et autres. Il a déclaré que ces jeunes ont droit à leur identité et que l’Église soutient cette cause, en exigeant que la JCE leur livre leurs documents.

L’évêque a aussi déclaré que ces jeunes sont victimes de discrimination en raison de leur ascendance haïtienne, en soutenant qu’une telle discrimination est mise en évidence car dans de nombreux autres cas, des Dominicains qui sont d’ascendance des États-Unis, d’ Italie et d’autres pays ne font pas pour autant face à cette situation. Dans l’homélie, Mgr. Ozoria a prié pour ces jeunes et demandé à la congrégation de surveiller cette situation et pour soutenir la cause en vue de résoudre ce conflit.

L’un des jeunes de Reconoci.do présent sur le podium a fait état de la situation des ressortissants haïtiens et comment la JCE, à travers cette résolution, a brisé leurs rêves en violant leurs droits. Les paroissiens ont applaudi chaleureusement les deux orateurs.

En plus des activités de Monte Plata et San Pedro de Macorís, les jeunes de Reconoci.do ont présenté leurs témoignages lors des célébrations eucharistiques des paroisses de la Santísima Trinidad, Santo Cura de Arz et San Judas Tadeo, entre autres.

À Pedernales, les autorités et les organisations de la société civile ont réalisé une rencontre, le 13 Août 2012, et une présentation artistique a été réalisée à El Seibo au parc Duarte.