Hervé Morin à Mayotte - L’armée pour la chasse aux sans-papiers

Voyage du Ministre de la Défense à Mayotte, 18 octobre 2009
 octobre 2009

Ministère de la défense, 18 octobre 2009

Hervé Morin : « La Défense participera à la départementalisation de Mayotte »

Hervé Morin s’est rendu ce week-end auprès des forces armées françaises de la zone sud de l’océan indien (FAZSOI). Accueilli le vendredi 16 octobre à Saint Denis par le Préfet de la Réunion et le Commandant supérieur des FAZSOI, le général Nebout, le ministre de la Défense a débuté son voyage officiel par une visite au 4e Régiment de service militaire adapté. Ce précieux outil du lien armées-nation, fort de son succès, va doubler d’ici trois ans ses capacités d’accueil sur l’ensemble de ses régiments des départements d’outre-mer.

Hervé Morin s’est ensuite rendu auprès des militaires français déployés à Mayotte et aux Seychelles, pour faire un point sur les problématiques qui occupent actuellement les FAZSOI.

Dans le cadre de l’action de l’état en mer, les FAZSOI participent à toutes les opérations de sécurité et de sauvetage en mer, de contrôle des pêches et trafics illicites, mais aussi de lutte contre l’immigration clandestine. Opérations menées conjointement avec la police, la gendarmerie et les douanes, sous l’égide du Secrétariat général à la mer. « L’immigration clandestine en provenance des Comores, bien qu’ayant toujours existé à Mayotte, est en pleine expansion depuis le début des années 2000. De 3 500 personnes ayant traversé en 2001, nous dépassons aujourd’hui les 17 000 par an », a précisé monsieur Derache, Préfet de Mayotte. Ces personnes sont pour la quasi-majorité originaires de l’île d’Anjouan à 70km au nord ouest. A Mayotte - île plus développée économiquement - ils espèrent trouver un niveau de vie meilleur, ainsi que l’accès à la santé et à l’éducation.

« Pour opérer la départementalisation de l’île dans les meilleures conditions, il faut optimiser la coordination entre tous les moyens de l’Etat. La Défense participera pleinement à cette dynamique », a affirmé le ministre.


La Lettre de Malango n°150 - Lundi 19 Octobre 2009

Mayotte : « Et pourquoi pas des drones ? » pour lutter contre l’immigration clandestine

Hervé Morin, le ministre de la Défense était de passage à Mayotte ce samedi 17 octobre, escale rapide entre la Réunion et les Seychelles. Il a mis en évidence une nécessaire coopération entre l’armée et la gendarmerie en matière de lutte contre l’immigration clandestine, et évoqué la mise en place de nouveaux moyens.

Accueilli par le préfet de Mayotte Hubert Derache, le ministre de la défense a pris connaissance des missions de l’Action de l’Etat en Mer, principalement accaparée par la lutte contre l’immigration clandestine. Pierre-Henry Maccioni, le préfet de La Réunion a mis en évidence la nécessaire coopération entre l’armée et la gendarmerie, qui n’est pas encore optimale.

C’est le préfet Hubert Derache qui a rappelé les chiffres concernant la lutte contre l’immigration clandestine, impressionnant la presse nationale venue en nombre : 3 500 reconduites vers Anjouan en 2001, 16 000 en 2008 et 17 500 dans l’année en cours, et qui a brossé pour le ministre un rapide portrait de la situation : Mayotte, 200 000 habitants aujourd’hui dont 40% de clandestins, et un niveau de vie 3 fois supérieur aux Comores indépendantes dont l’île la plus proche Anjouan n’est distante que de 70 km.

Hubert Derache qui précise qu’« il faut casser cette immigration clandestine qui anéantit le développement économique de Mayotte. De plus, les hommes, femmes et enfants sont entassés à 40 par « kwassas » et paient chacun environ 300 euros, sauf dans les « kwassas » VIP qui ne comptent que 7 à 8 personnes, qui auront déboursé jusqu’à 1000 euros chacune. Pour être plus efficace, nous utiliserons l’hélicoptère qui sera opérationnel la semaine prochaine, et qui est équipé de vision nocturne et d’une caméra thermique ».

Les intervenants ont rappelé la nécessité de mutualiser les moyens, notamment en entretien des bateaux, planifier les actions sur l’utilisation des 8 bâtiments maritimes et ont annoncé la couverture totale de l’île puisque le quatrième radar va être installé au sud, bouclant ainsi les quatre points cardinaux. Ces radars portent jusqu’à 20 miles, au-delà de la barrière de corail qui n’est qu’à 5 miles.

A Thierry Avice, commandant de la Base Navale, qui expliquait les missions de surveillance, de lutte contre la pollution en mer (ORSEC) avec l’aide du remorqueur Bambo, de secours en mer avec le CROSS Réunion et de lutte contre l’immigration illégale (mission SURIM) de la Base, Hervé Morin s’est exclamé « pourquoi ne pas utiliser des petits drones (avions pilotés à distance, destinés à la surveillance et à l’attaque, ndlr) à la capacité d’observation exceptionnelle ? ». « Nous avons demandé » a rétorqué le préfet de La Réunion.

Accueilli au Détachement de la Légion Etrangère à Mayotte (DLEM) par son commandant, le lieutenant-colonel Bruno Schiffer, le ministre a prononcé une allocution dans laquelle il a rappelé les « arbitrages du président de la république qui sont toujours en faveur de la Défense, amenant en 2010 le budget de la défense à 18 milliards, soit 3 milliards de plus que la précédente loi de programmation. Nous n’avons cependant pu éviter la réduction d’effectifs alors que le pays traverse des difficultés ».

Devant la presse, Hervé Morin a rappelé les problèmes que connaît Mayotte, liés à l’immigration, en insistant sur « la nécessaire coopération avec les Comores, sur un travail de concert entre les forces de l’armée de terre et de la gendarmerie comme en Guyane. Au sujet des moyens supplémentaires, nous verrons s’il est possible de dégager des moyens financiers pour l’achat de drones ».

Le ministre a passé l’après-midi avec les militants de son parti du Nouveau Centre dont le chef de file mahorais, Mhamadi Abdou, est le 1er vice président du conseil général. Il s’envole dans la soirée pour les Seychelles pour étudier les moyens de lutte contre la piraterie, avant de repartir pour la métropole, si l’avion ministériel qui a connu plusieurs pannes, est réparé.

A.L.