Haïtiens de France : premiers soutiens associatifs après le séisme

Dans l’hexagone, en Martinique et en Guyane
jeudi 14 janvier 2010

  • Collectif Haïti de France - 14 janvier 2010
    Le séisme qui a frappé l’Ouest d’Haïti a dévasté la capitale Port-au-Prince mardi12 janvier 2010. Le Collectif Haïti de France (CHF) s’associe à la douleur des victimes de cette catastrophe.
    Nous avons une pensée pour tous ceux qui ont perdu soit un ou plusieurs de leurs proches soit tout ce qu’ils possédaient. Nous n’oublions pas nos partenaires qui œuvrent sur le terrain haïtien.
    Nous voyons des symboles de la nation haïtienne ébranlés : le Palais National, des administrations, des écoles, des églises, des universités. Ont également été détruits des immeubles d’organismes internationaux, des hôtels.

Face à cette tragédie, le Collectif Haïti de France, regroupement d’associations franco-haïtiennes, rappelle que sa structure :
1. ne dispose pas de la logistique nécessaire pour intervenir dans l’urgence (ce que savent faire les organismes internationaux et gouvernementaux),
2. n’a pas vocation à acheminer les premiers secours : nourriture, vêtements, médicaments…

Mais le Collectif Haïti de France veut continuer à investir dans des programmes de développement durable, et souhaite participer avec eux à la reconstruction du pays
A cet effet le Collectif Haïti de France invite tous ceux qui souhaitent aider les Haïtiens, à participer financièrement à la réhabilitation (bâtiments, équipements etc.) et à la mise en place de programmes qui permettront de dynamiser l’économie et d’aider la population haïtienne à disposer de revenus.
Le CHF s’engage à informer tous les donateurs de l’utilisation qui sera faite des contributions collectées. Ils seront affectés aux besoins exprimés par nos partenaires haïtiens, après premier bilan.

Communiqué et coupon réponse pour un don sur le site http://www.collectif-haiti.fr/

  • RESF
    • M. Besson et le sens de l’humanité surjoué - 14 janvier 2010
      Au surlendemain du tremblement de terre qui a dévasté Haïti, Monsieur Besson assure avoir donné instruction à ses services de suspendre l’expulsion des sans papiers haïtiens. On se demande bien d’où viennent ces scrupules à un homme capable de se déplacer pour assister à la destruction, à l’entrée de l’hiver, du campement de fortune de jeunes Afghans et de les renvoyer vers leur pays si pacifié que trois soldats français y ont été tués en trois jours. Annoncer publiquement sa décision comme le fait le ministre de la Rafle et du drapeau est une façon de reconnaître qu’il sait que l’opinion le croit capable de tout. Il n’a pas tort.
      En réalité, le sens de l’humanité n’a en rien pesé dans la décision de Monsieur Besson. Il a simplement estimé qu’il y avait intérêt car expulser des Haïtiens actuellement est matériellement impossible et politiquement impopulaire.
      Il en va de certains ministres comme des États, ils n’ont ni convictions, ni sentiments, uniquement des intérêts et des ambitions.
    • Questions
      1. Monsieur Besson peut-il dire combien d’Haïtiens ont été expulsés depuis sa nomination ? Quelle sera sa réaction si certains d’entre eux figurent au nombre des victimes du tremblement de terre ?
      2. Quelles mesures envisage M. Besson pour donner des nouvelles de leur père aux enfants de Pierre Lapointe et de Fleury Luckner expulsés en Haïti en février et mars derniers ?
      3. Le ministre mesure-t-il combien de régions du monde vers lesquelles les expulsions continuent traversent des situations économiques et sociales qui pour être moins brutales n’en sont pas moins dévastatrices et quels dégâts provoquent quotidiennement ces retours forcés sur les communautés concernées, les familles, les individus ?
      • 15 mars 2008 Cergy (95). Fleury Luckner, haïtien, père d’un enfant de trois ans, dont le dossier de régularisation était instruit dans le Val d’Oise. La préfecture de Paris, où il a été arrêté, a choisi d’ignorer les soutiens et la forte mobilisation locale. Très humaine, la préfecture du Val d’Oise accorde à Mme Fleury Daloudad un récépissé provisoire renouvelable tous les trois mois avec autorisation de travailler.
      • 93 – Pierre LAPOINTE expulsé le 20 février 2009 au bout de 27 jours de rétention. Père de Beverly 4 ans et de Davidson (3 ans), débouté de l’asile après avoir fui Haïti il y a 9 ans. Il travaille comme peintre depuis son arrivée, et à ce titre, a sollicité un titre de séjour salarié en décembre 2008, demande sans réponse. Il est soutenu par son employeur.
  • RESF Guyane - 14 janvier
    Le Réseau Education Sans Frontières en Guyane affirme sa solidarité et son soutien à l’ensemble de la communauté haïtienne en Guyane pour la tragédie qui touche leur pays, leurs familles et leurs proches.
    Les jeunes Haïtiens de Guyane subissent un traumatisme qui peut être dévastateur dans leur vie et en particulier dans leur scolarité. RESF Guyane appelle l’ensemble de la communauté éducative, membres de l’éducation nationale ou des administrations et associations, à réserver un accueil attentif et compréhensif à la situation. Nous appelons en particulier Mme le Recteur de la Guyane à donner au plus vite des consignes à tous les personnels en ce sens. Nous appelons la Préfecture à surseoir à toute interpellation et bien sûr expulsion d’Haïtiens en situation irrégulière afin de ne pas les mettre en danger.
    Nous appelons enfin l’ensemble de la population de Guyane à la solidarité en offrant leur soutien à la communauté Haïtienne qui est la plus importante communauté étrangère du département.
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  • Martinique - ASSOKA - 15 janvier
    L’ASSOKA (association solidarité karaïb) apporte sa solidarité et son soutien à toute la communauté haïtienne vivant en Martinique. Notre association qui défend les droits des ressortissants étrangers se veut être aux cotés de ce peuple pour partager sa peine face à cette tragédie qui une fois de plus fragilise ce pays et l’ensemble des familles.
    L’ASSOKA prend note de la directive de surseoir à toute expulsion par toutes les préfectures concernant la population haïtienne et demande que cette mesure s’accompagne du renouvellement des titres de séjour des personnes concernées ainsi que ceux qui sont en cours d’instruction ou qui viendront à échéance. Ceci pour leur permettre de vivre dignement et que les droits de l’homme soit respect.
    Cette situation réclame de toute la population martiniquaise une attention et une compréhension particulière afin d’aider au mieux cette communauté qui lutte aujourd’hui pour sa survie et celle de tous leurs proches.