Le groupe d’amitié "France-Comores" visite l’archipel

Mission parlementaire, octobre 2010
mercredi 6 octobre 2010

Les députés comoriens exigent « la suspension sans délai du visa Balladur »
Article de Faïssoili Abdou (6 octobre, HZK-Presse) sur le site des Français de l’Océan indien

La mission parlementaire française en visite dans l’archipel depuis samedi dernier a été reçue, hier après midi, par les députés comoriens dans l’hémicycle de Hamramba. Deux discours axés sur les relations séculaires entre les deux pays ont été prononcés à cette occasion.
« Il s’agit d’une première dans l’histoire », a souligné Bourhane Hamidou, le président de l’Assemblée nationale qui a parlé d’une « fête de la célébration du mariage entre nos deux institutions ». Le député Abderemane Ahmed Abdallah, président de la commission des relations extérieures de l’assemblée qui préside également le groupe d’amitié France-Comores a indiqué qu’il s’agit d’une « nouvelle page qui s’ouvre entre les deux institutions ». Insistant sur la « communauté de destins » qui existe au sein du « couple franco-comorien uni par l’histoire et la culture », Bourhane Hamidou a, d’abord, « remercié la coopération française pour ce qu’elle a fait et continue de faire dans notre pays ». Il a, notamment, cité le « domaine de la santé à travers les actions d’équipement de nos hôpitaux et de formation de nos spécialistes » ainsi que « les programmes divers d’appui aux infrastructures et de manière générale de soutien à notre économie ».

« Depuis l’accession des Comores de notre pays à sa souveraineté internationale, il y a très exactement trois décennies et demi, les gouvernements qui se sont succédés aussi bien à l’hexagone qu’aux Comores, n’ont cessé d’afficher leur volonté de maintenir et de renforcer les liens d’amitié et de diversifier les canaux de la coopération », a-t-il tenu à rappeler. Cette deuxième personnalité du pays saisira cette occasion pour parler du contentieux entre la France et les Comores sur Mayotte qui constitue « une épine dans les pieds des relations franco-comoriennes ».
Depuis le perchoir de l’assemblée nationale le président de cette institution a rappelé que « l’incompréhension » sur cette question « porte sur le refus de la partie française de reconnaître l’indépendance des Comores dans ses limites territoriales héritées de la colonisation ». « Un principe pourtant consacré par la charte des nations Unies, dont la France reste un des grands signataires », a-t-il lancé avant de dénoncer « cette obsession des pouvoirs publics français à voir la réalité en face, à passer outre les différentes résolutions de l’Onu, rappelant pourtant et confirmant le caractère quadri insulaire de notre pays ».
Dans cette même lancée, le président Bourhane parlera d’une « crise artificielle savamment entretenue à travers une gymnastique politico-juridique de haute voltige depuis 35 ans qui a cloué notre pays dans une instabilité chronique et est responsable de 6000 noyades par an, sur les 60 km de bras de mer qui sépare Anjouan et Mayotte ». Il s’est interrogé si l’on « peut continuer à œuvrer à un rapprochement entre nos deux institutions et nos peuples, tout ignorant cette macabre réalité ».

« L’assemblée nationale des Comores demande aux autorités françaises de suspendre sans délai, le fameux visa Balladur d’entrée à Mayotte », a lancé sur un ton solennel le président de l’assemblée. Ce à quoi, Daniel Goldberg, le chef de la délégation parlementaire française et président du groupe d’amitié France-Comores, répondra par ces mots : « Chacun sait le contentieux qui oppose nos deux pays. Mais notre conviction est qu’il peut-être dépassé, sans attendre son règlement définitif, cela pour le bien en premier lieu des habitants de nos deux pays ».
Et ce conseiller général de Seine Saint Denis d’insister sur la nécessité d’un « partenariat économique innovant, régional et dans l’ensemble de l’océan indien. Un partenariat qui doit faciliter la croissance de l’activité économique productive aux Comores ». Il soulignera également « la nécessité d’une desserte aérienne sûre, directe et de qualité entre Paris, Marseille et Moroni ». Daniel Goldberg a, aussi, évoqué le crash du Yemenia, pour demander que « l’enquête sur ce drame aboutisse maintenant, très prochainement pour que les familles puisent faire pleinement leur deuil ».
L’élu a ensuite salué la « permanence et l’importance de la coopération bilatérale menée par la France et qui participe au développement des Comores ». Il citera les divers projets auxquels la France apporte son soutien dans le cadre du Document cadre de partenariat signé entre les deux pays notamment le développement rural et agricole, l’accès à l’eau potable, le secteur de la santé, l’amélioration des réseaux de transport terrestres et aériens, le système financier etc. « Au total pour la seule année 2010, la coopération bilatérale française aura représenté un engagement effectif de 9,3 millions d’euros », a-t-il noté.

Lire de discours de Daniel Goldberg, président du groupe "France - Union des Comores" à l’assemblée de l’Union des Comores de Moroni le 5 octobre 2010

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