Politiques publiques de développement à la frontière franco-brésilienne : une ignorance mutuelle

dimanche 15 décembre 2013

Le n° 17 de la revue Confins (décembre 2013) présente deux articles de Madeleine Boudoux d’Hautefeuille sur la frontière franco-brésilienne :

Madeleine Boudoux d’Hautefeuille est docteur en géographie des Antilles Guyane : elle s’est spécialisée dans l’étude de la frontière particulièrement celle entre la Guyane et le Brésil.

Sa thèse présentée en 2012 « Entre marge et interface, recompositions territoriales à la frontière franco brésilienne Guyane /Amapa » est consultable en ligne

Présentation de l’article « Politiques publiques de développement à la frontière franco-brésilienne : une ignorance mutuelle »

  • Sommaire
    • Le développement aux frontières en France et en Guyane française : l’application d’une logique transfrontalière européenne
    • Le développement aux frontières au Brésil et en Amapá : un objectif de rééquilibrage territorial à l’échelle nationale
    • Les politiques publiques de développement françaises et brésiliennes à leur frontière commune : de l’ignorance mutuelle à l’enjeu de leur synergie
  • Introduction
    Les espaces frontaliers périphériques des États nationaux font l’objet, de par le monde, de politiques publiques de développement territorialisées. L’éloignement éventuel des centres économiques et administratifs ou encore des impératifs sécuritaires historiques de défense du territoire national sont des obstacles traditionnellement avancés pour caractériser le faible dynamisme de certains de ces espaces et justifier la mise en place de ce type de politiques (Pradeau, 1994, p. 149-159), qui adoptent des formes très variées selon le contexte de leur application. Territorialisées à un espace de frontière, ces politiques sont directement confrontées à celles mises en œuvre, ou au contraire à leur absence d’équivalent, dans le pays voisin.
    La frontière franco-brésilienne, entre la Guyane française, département-région d’outre-mer français, et l’Amapá, État fédéré brésilien, constitue le cas d’étude sur lequel nous proposons d’examiner ces politiques. Le diagnostic de leur échec a pu être mené sur la base de leur caractère national et de leur inadaptation au contexte local dont le dynamisme socio-économique repose sur des logiques anciennes et informelles (Grenand, 2012). Sans s’attaquer à l’évaluation de leur efficacité, on souhaite ici questionner en amont leur coïncidence, dès leur formulation. Cette frontière ayant la particularité d’être à la fois sud-américaine et européenne, l’analyse doit permettre de participer à la mesure du différentiel politique que marque la frontière franco-brésilienne, en sus d’un différentiel socio-économique dont les effets ont été analysés dans plusieurs thèses récentes (Serges, 2011 ; Boudoux d’Hautefeuille, 2012 ; Granger, 2012). Ici, on a choisi de s’intéresser aux politiques de développement multisectorielles dont la zone d’intervention est explicitement territorialisée à la frontière, en intégrant les politiques infrastructurelles du fait de leur poids dans ce cas d’étude.
    En s’appuyant prioritairement sur l’analyse de documents de politiques publiques connexes, cet article revient successivement sur celles mises en œuvre du côté français et du côté brésilien, pour aboutir à un bilan tabulaire et cartographique comparatif mettant en exergue de nets écarts et une relative ignorance mutuelle.

Voir aussi le dossier Oyapock dans le numéro 16 de la revue Confins