Pour la régularisation de tous les Haïtiens de Guadeloupe

LDH, Coreca, collectif solidarité Haïti, Tèt Kolé
lundi 22 février 2010

Communiqué LDH, Coreca, collectif Solidarité Haïti, 28 janvier 2010

Extraits

  • LA SITUATION ACTUELLE DE LA COMMUNAUTÉ HAÏTIENNE
    Son implantation favorisée par l’histoire et une pratique linguistique du créole est ancienne. Au regard des textes régissant l’immigration, cette communauté comporte deux catégories, celle en situation régulière, et les autres.
    • A. LES HAÏTIENS EN SITUATION RÉGULIÈRE
      Il s’agit de ceux qui bénéficient d’un titre officiel, soit permanent, soit provisoire. Mais l’un et l’autre de chacun de ces titres, est toujours précaire, et soumis à renouvellement, suivant un rythme différent suivant sa catégorie.
      Les conditions de renouvellement sont confiées à une administration, qui les interprète de façon drastique : à l’aube, la présence massive d’Haïtiens, devant la sous-préfecture de Pointe à Pitre, témoigne de ces difficultés.
      On compte – chiffres fournis par L’INSEE - 22 000 étrangers inscrits régulièrement à la préfecture de Basse-terre soit 5% de la population de la Guadeloupe, alors que France, la proportion d’étrangers est actuellement de 7%. Parmi ces 22 000 étrangers, on dénombre 12 000 Haïtiens en situation régulière, soit 2,8 % de la population de la Guadeloupe.
      Ces données chiffrées officielles sont essentielles : elles démontrent qu’on est loin de l’envahissement habituellement proclamé sans preuve !
    • B. LES HAÏTIENS EN SITUATION IRRÉGULIÈRE
      La lecture des [rapports des forces de l’ordre] est édifiante : les sans-papiers font l’objet d’une véritable « traque ». On comprend que ceux qui échappent à ces poursuites, se terrent et rasent les murs.
      Ils travaillent (lorsqu’ils trouvent un emploi) clandestinement dans les plantations de banane et lors de la coupe de la canne, ou dans les campagnes, comme « jobbeurs » pour des particuliers (création et entretien de jardins, services aux personnes âgées). Ils exercent ces emplois que refusent les Guadeloupéens : ils ne constituent donc aucune menace pour l’emploi local.
      Sans que l’on puisse préciser avec exactitude leur nombre, des recoupements peuvent être fait entre différents rapports, ceux des missions parlementaires, ceux des rapporteurs des lois Sarkozy et Hortefeux, ceux des Congrès des Maires de France, qui se tiennent chaque année, en décembre, à Paris, ceux des autorités locales (PAF, gendarmerie…). Ces documents s’accordent sur un chiffre qui oscille entre 5 à 6 000 sans-papiers en Guadeloupe.
      C’est un peu plus de 1, 2% de la population de la Guadeloupe. Là aussi, on est loin de l’envahissement affirmée par certains !
  • PROPOSITIONS DU COLLECTIF SOLIDARITÉ HAÏTI
    Nous saluons les décisions : des USA d’accorder la protection temporaire aux 100 000 ou 200 000 haïtiens en situation irrégulière, et se trouvant aux USA avant le 12 janvier ; du Canada d’accorder un traitement prioritaire aux Haïtiens.
    En Guadeloupe, on compte 5 à 6 000 haïtiens sans papiers. Il est démontré que leur faible nombre (1,2% de la population de l’île) ne constitue ni un envahissement mettant en jeu l’équilibre démographique, ni un danger pour l’emploi.
    La France ne devrait elle pas, à l’instar des USA et du Canada, dépassant l’effort matériel et financier qu’elle assume, consentir à accorder, aux 5 à 6 000 sans papiers haïtiens , qui se trouvaient déjà en Guadeloupe, avant le 12 janvier, un statut identique à celui accordé par les USA à 100 à 200 000 Haïtiens ?
    Imagine-t-on la contribution financière qu’ils apporteraient à la reconstruction d’Haïti, leur pays d’origine, s’ils disposaient d’un titre de séjour leur permettant de travailler normalement ? (...)

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Lettre de Tèt Kolé au président de la République, 29 février 2010

(...) En juin 2009, nous vous avions écrit pour attirer votre attention sur le mauvais traitement que subissent les immigrés haïtiens en Guadeloupe, notamment ceux qui sont en situation irrégulière. Par la présente, vue la situation d’hécatombe qui sévit en Haïti après le séisme du 12 janvier dernier, nous vous faisons une demande gracieuse pour la régularisation de quelques 5.000 immigrés haïtiens en Guadeloupe dont certains ont déjà plus de 10 ans, 15 ans, 20 ans, voire 25 ans sur le territoire français.

Nous sommes conscients de la sévérité des nouvelles lois françaises sur l’immigration ; mais, vue la situation exceptionnelle que vit actuellement le peuple haïtien, pour des raisons humanitaires, nous considérons que des mesures exceptionnelles peuvent et doivent être prises envers les ressortissants haïtiens sur le sol français. Avoir le courage de prendre cette mesure exceptionnelle, cela renforcerait l’image positive de la République française qui a la réputation d’être Terre d’asile, Terre de défense des droits humains.

Monsieur le Président, d’autres pays amis d’Haïti, comme les États-Unis d’Amérique et le Canada, ont déjà fait ce geste humanitaire envers les ressortissants haïtiens en situation irrégulière sur leur territoire. Nous pensons que la France peut abonder dans le même sens.

De plus, au lendemain du séisme du 12 janvier 2010 en Haïti, la Préfecture de la Guadeloupe avait déclaré qu’une mesure moratoire de six mois de suspension d’arrestation et d’expulsion est prise en faveur des ressortissants haïtiens en situation irrégulière. Pourtant, dès ce mois de février, nous constatons que la PAF (Police de l’air et des frontières) continue à arrêter les ressortissants haïtiens en situation irrégulière. Cette pratique augmente le climat de peur et de désarroi chez ces malheureux immigrés. Vue la situation actuelle d’Haïti, peut-on avoir un cœur humain et y renvoyer les ressortissants haïtiens déjà établis sur le territoire français ? (...)

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