Présentation de Mom

Objectifs et principales activités de 2007-2008
lundi 9 janvier 2006

Vue de la métropole, l’actualité portant sur les étrangers en terres françaises de l’Outre-mer pourrait se résumer par des clichés :

  • un lointain Eldorado français devenu la cible d’une « invasion » de « clandestins » venus de son entourage ;
  • des chiffres records de reconduites à la frontière à partir de Mayotte et de la Guyane, atteignant à eux deux un score analogue à celui de la métropole [1] ;
  • un droit dérogatoire imposé par une telle « situation exceptionnelle ».

Une analyse un peu plus approfondie conduirait à voir que les frontières érigées autour de ces parcelles isolées de la France n’ont souvent guère de réalité culturelle ou historique, qu’elles isolent arbitrairement leurs ressortissants de leurs voisins ou cousins baptisés « étrangers » et poursuivis par la police aux frontières. Elle ferait apparaitre que les records de reconduites s’expliquent par les infractions quotidiennes aux droits fondamentaux qu’autorise un droit d’exception mis en place sur certaines terres ultramarines, que ce droit dérogatoire crée des « situations exceptionnelles » au lieu d’en être la conséquence. Plus dramatique encore, la militarisation des frontières de ces territoires coupés de leur espace régional est meurtrière : les centaines de personnes mortes en essayant d’échapper aux radars et vedettes qui surveillent les côtes mahoraises sont emblématiques de cette situation.

Les spécificités du droit des étrangers en Outre-mer concernent quatre parcelles du territoire français privées des frêles protections mobilisables en métropole pour contrecarrer l’arbitraire des interpellations et des éloignements – Mayotte, Guyane, Guadeloupe, Saint-Martin. Au delà de ces adaptations de la législation, les étrangers se heurtent à des pratiques administratives qui ignorent délibérément les textes - pourtant bien peu protecteurs - afin d’obéir à la seule logique du chiffre et de l’inhospitalité.


Le collectif Migrants Outre-mer baptisé Mom s’est constitué en 2006. C’est un réseau informel de treize associations dont les compétences sont complémentaires.

Ses principales orientations et réalisations sont les suivantes.

Réunir et diffuser les informations sur la situation juridique des migrants en Outre-mer

  • Deux publications téléchargeables :

Gisti et Mom, les spécificités du droit des étrangers en Outre-mer, cahier juridique, décembre 2007

Aides et Mom, la situation juridique des étrangers malades en Guyane, à paraitre en 2009

Soutenir les migrants eux mêmes et ceux qui les aident en Outre-mer

  • Une liste d’échanges migrants.outremer@rezo.net destinée à favoriser les échanges sur ce thème de Cayenne à Mamoudzou : pour s’inscrire, écrire à la rubrique contact de la page d’accueil de ce site.
  • Formations

Après plusieurs formations effectuées dans les départements d’Amérique par l’ancien collectif Caraïbe, Mom a donné la priorité en ce domaine à Mayotte : trois formations y ont été assurées en 2007 et 2008 (situation juridique des étrangers à Mayotte, droit d’asile, protection sociale).

Alerter sur les discriminations et sur les violations des droits de l’homme dont sont notamment victimes les étrangers en Outre-mer


[1] Entre 2006 et 2008, on dénombre chaque année à partir de Mayotte ou de la Guyane (avec une population totale de moins de 400 000 habitants) presque autant d’éloignements forcés qu’à partir de la métropole. Rien qu’à partir de Mayotte, en 2008, 16 040 éloignements dont 2 519 mineurs.