Rupture de la continuité des soins en Guyane

Aides, le Comede et Médecins du monde s’adressent au Ministère de l’intérieur
vendredi 1er mars 2013

En raison d’un manque de spécialistes à l’ouest de la Guyane et d’hôpital à l’est (présence d’un centre délocalisé de prévention et de soin), il est nécessaire de recourir au plateau technique de l’hôpital de Cayenne : à l’hôpital de St Laurent du Maroni ( CHOG), par exemple, il n’existe pas de spécialistes en dermatologie , ophtalmologie, ORL, neurologie, radiologie IRM, cardiologie, chirurgie cardiaque et oncologie : aucune chimiothérapie n’est possible ailleurs qu’à Cayenne. A l’est de la Guyane, il est nécessaire d’aller à Cayenne pour toutes les démarches de soins spécialisés, mais aussi administratives (préfecture, tribunal ...) 

  Or, depuis de nombreuses années, deux postes de contrôle sont en place, un sur la route qui mène à l’est du département, l’autre sur l’accès à l’ouest. Des démarches administratives auprès de l’ARS et de la préfecture (et sous-préfecture) permettent d’obtenir l’autorisation de passage pour les personnes n’ayant pas de titre de séjour. Ces démarches sont différentes d’une ville à l’autre et ne reposent sur aucun document officiel. 

Ainsi, par exemple, à St-Laurent du Maroni, en avril 2012, il a été décrété par la sous- préfecture, que seuls des médecins hospitaliers peuvent faire ces démarches. Alors qu’il était déjà très compliqué et depuis plusieurs années pour les médecins de ville d’organiser les rendez-vous de leurs patients, cette décision interdit de manière officieuse aux médecins de ville de St-Laurent, notamment, d’organiser des transferts. Certains médecins témoignent du refus de délivrance de laissez-passer par la sous-préfecture de St-Laurent.

  Il apparaît une confusion entre le droit au séjour pour la santé et l’accès aux soins des personnes à travers leur déplacement sur le territoire. Le manque de clarté et la complexité des procédures administratives se traduisent par une auto-limitation des professionnels de santé et un retard voire une absence de prise en charge.

Le dossier ci-joint, actualisé à la date du 24 février 2013, analyse la situation avec plus de détails

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