Rapport 2014 sur les centres et locaux de rétention administrative

mardi 30 juin 2015

Les cinq associations intervenant en rétention en France (Cimade, Ordre de Malte, ASSFAM, FTDA et Forum réfugiés) ont présenté le 30 juin 2015 le rapport annuel sur l’état des droits depuis les centres et locaux de rétention et sur la politique d’enfermement et d’expulsion menée en France.

Le rapport complet est téléchargeable sur le lien suivant : http://www.lacimade.org/publications/102

Les problématiques ultramarines sont abordées dans la première partie d’analyse générale. La seconde partie du rapport détaille les points saillants de l’année 2014 pour chaque CRA (dont les CRA de Mayotte, la Guadeloupe, la Réunion et la Guyane).

Enfermement et éloignement : la situation se dégrade

Les cinq associations intervenant dans les centres de rétention administrative présentent leur cinquième rapport commun.
En 2014, près de 50 000 personnes ont été privées de liberté dans les centres et locaux de rétention administrative, soit une hausse de 9 % par rapport à 2013.
Pourtant, cette année-là, la France était déjà loin devant l’Espagne, l’Allemagne ou le Royaume-Uni en ce qui concerne l’enfermement des étrangers. Cette hausse se concentre là où l’accès aux droits est le plus réduit : dans les locaux de rétention et à Mayotte.

Le rapport pointe notamment l’usage d’un enfermement en rétention détourné de son objet. Une majorité des personnes effectivement éloignées le sont dans un pays voisin. À cela s’ajoutent les personnes interpellées à Calais ou à Paris – Érythréens, Soudanais, Syriens, Afghans – et pour lesquelles les préfectures utilisent le placement en rétention comme un outil de dispersion de personnes en grande précarité et souvent inexpulsables.

Un triste record pour l’enfermement des enfants est atteint en 2014 : malgré la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’Homme, des enfants sont toujours enfermés en rétention. Pire, leur nombre a augmenté, grimpant de 3 608 en 2013 à 5 692 en 2014.

25 centres et locaux de rétention sont passés au crible : statistiques précises, témoignages et spécificités locales. L’édition 2014 du rapport offre analyses et chiffres inédits pour décrypter une politique migratoire menée au détriment des droits fondamentaux des personnes étrangères.

"Souffrance et violences dans les lieux d’enfermement des étrangers"écouter l’émission de RESF d’Avril 2014 Pauline Rai sur le centre de rétention en Guyane

Un autre article de ce site permet d’en savoir plus sur les données relatives à l’outre-mer-