Un nouveau site internet pour les droits des migrants en Outre-mer

mercredi 1er juillet 2009

Alors que les États généraux de l’Outre-mer se tiennent sans certains des acteurs les plus engagés dans les mouvements sociaux récents et en laissant de côté certains enjeux cruciaux, le collectif Mom [1] propose un nouvel outil qui permet de mieux comprendre la situation juridique et démographique de ces régions. En effet, vue de métropole, l’actualité portant sur les migrants en terres françaises de l’Outre-mer est souvent résumée à quelques clichés :
- un lointain Eldorado français devenu la cible d’une « invasion » de « clandestins » venus de son entourage ;
- des chiffres records de reconduites à la frontière à partir de Mayotte et de la Guyane, ces deux territoires atteignant à eux deux un score analogue à celui de la métropole ;
- un droit dérogatoire imposé par une telle « situation exceptionnelle ».

Une analyse un peu plus approfondie montre que les frontières érigées autour de ces parcelles isolées de la France n’ont souvent guère de réalité culturelle ou historique, qu’elles isolent arbitrairement leurs ressortissants de leurs voisins ou cousins baptisés « étrangers » et poursuivis par la police aux frontières. Elle fait apparaître que les records de reconduites s’expliquent par les infractions quotidiennes aux droits fondamentaux qu’autorise un droit dérogatoire mis en place sur certaines terres ultramarines, que ce droit dérogatoire crée des « situations exceptionnelles » au lieu d’en être la conséquence. Plus dramatique encore, la militarisation des frontières de ces territoires coupés de leur espace régional est meurtrière : les centaines de personnes mortes en essayant d’échapper aux radars et vedettes qui surveillent les côtes mahoraises sont emblématiques de cette situation.

Les spécificités du droit des étrangers en Outre-mer concernent surtout quatre parcelles du territoire français privées des frêles protections mobilisables en métropole pour contrecarrer l’arbitraire des interpellations et des éloignements – Mayotte, Guyane, Guadeloupe, Saint-Martin. Au delà de ces adaptations de la législation, les étrangers se heurtent à des pratiques administratives qui ignorent délibérément les textes - pourtant bien peu protecteurs - afin d’obéir à la seule logique du chiffre et de l’inhospitalité.

Le site que nous ouvrons ce jour vise :
- à alerter sur les discriminations et sur les violations des droits de l’homme dont sont particulièrement victimes les migrants en Outre-mer ;
- à accompagner les luttes des migrants et de ceux qui les soutiennent.

Le site du collectif MOM repose sur plusieurs années de travail et d’échanges avec un large réseau de partenaires actifs sur place et est ouvert à de nouveaux partenariats.

1er juillet 2009

Mom (collectif migrants outre-mer)

  • ADDE (avocats pour la défense des droits des étrangers)
  • AIDES ; Anafé (association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers)
  • CCFD (comité catholique contre la faim et pour le développement)
  • Cimade (service œcuménique d’entraide)
  • Collectif Haïti de France ; Comede (comité médical pour les exilés)
  • Gisti (groupe d’information et de soutien des immigrés)
  • Elena (les avocats pour le droit d’asile)
  • LDH (Ligue des droits de l’homme)
  • Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples)
  • Médecins du monde
  • Secours Catholique / Caritas France

[1] Le collectif Migrants outre-mer est un réseau informel de 13 associations qui depuis janvier 2006 s’implique dans la défense des droits des migrants notamment en Guyane, Guadeloupe, à Saint-Martin et à Mayotte et dénonce l’arbitraire de certaines catégories juridiques utilisées pour fragiliser et exclure une partie des populations vivant dans ces régions.