6 et 7 juin les violences continuent à Mayotte malgré l’injonction

mercredi 8 juin 2016

Mayotte : expulsions sauvages et violences

LINFO.RE – créé le 6.06.2016 à 10h32 – mis à jour le 7.06.2016 à 08h32- La rédaction

Kwezi TV

Les tensions continuent à Mayotte et la situation ne cesse de s’aggraver. Les expulsions sauvages et les violences continuent. Samedi dernier, la course de pneus, l’un des événements les plus connus du département a été arrêtée par des délinquants et plusieurs personnes ont été blessées. Durant le week end, près de 100 personnes ont été victimes "d’expulsions sauvages". A lire également

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Mayotte semble sombrer sous les expulsions et la délinquance. L’insécurité est au coeur de toutes les questions suite à notamment l’arrêt de la 33e édition de la traditionnelle course de pneus, et à l’expulsion de 114 personnes dont 83 en situation irrégulière.

La traditionnelle course de pneus interrompue par des délinquants La 33e édition de la traditionnelle course de pneus s’est déroulée samedi 4 juin à Mayotte. Elle est l’un des événements les plus connus de l’île mais a dû être interrompue à cause d’"une vague histoire de vol de scooters entre les bandes rivales de Cavani et M’Gombani". La bande de Cavani a été agressée à coups de couteau par la bande rivale de M’Gombani.

Peu après l’agression, des délinquants ont été aperçus progressant "armes à la main et foulards sur le visage". Ils ont jeté sur la chaussée des bouteilles de verre dans le but de blesser les compétiteurs, souvent pieds nus. Des pierres ont été lancées sur la foule et les participants, selon France Mayotte Matin.

Au final : des véhicules ont été endommagés et les locaux d’un bâtiment ont été saccagées. Les forces de l’ordre ont dû intervenir avec des gaz lacrymogènes et la mairie a décidé d’interrompre la fête face au danger devenu trop grand.

L’insécurité est grandissante et le territoire semble être au bord du gouffre

Les grands événements sont devenus presque impossibles puisqu’à chaque fois, des violences prennent place. C’était par ailleurs le cas pour l’événement Battle Of The Year organisé la semaine dernière et interrompu à cause de violences massives.

Week end agité par les expulsions sauvages Les expulsions sauvages continuent. Ce week end, près de 200 personnes ont participé à l’expulsion de 114 personnes, dont 83 en situation irrégulière et reconduites à la frontière. Ce sont donc 31 "décasés" - en situation régulière - qui ont trouvé refuge sur la Place de La République, au coeur de Mamoudzou.

Cinq communes ont été concernées par ces expulsions (Mtsangamouji dans le nord de l’île, Chiconi, Ouangani, Tsingoni, Mtsamoudou) et une manifestation pacifique contre l’immigration clandestine a été organisée dans la commune de Kani-Kéli selon la préfecture de Mayotte.

Kani-Kéli a échappé aux expulsions initialement prévues. Elle a été empêchée par une ordonnance du tribunal administratif datée du 4 juin : une requête déposée par la Cimade, le Secours Catholique et le groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI). L’ordonnance rendue a d’ailleurs enjoint le préfet de Mayotte à "mobiliser les forces de police et de gendarmerie nécessaires pour éviter que cette manifestation se déroule et garantir la sécurité des personnes et des biens".

Les "décasés" en situation régulière ont été attaqués ; au total : deux victimes. La première victime s’est vu reprocher le fait d’avoir donné des renseignements à la police quant au décasage légale mené par les autorités sur décision de justice. La deuxième agression s’est traduite par une tentative de meurtre sur un homme et d’une habitation incendiée.

Si le préfet Frédéric Veau souhaite redorer l’image de Mayotte, la tâche s’avère être difficile. Un territoire qui sombre sous le poids des expulsions sauvages et des violences qui ne cessent d’augmenter.

[7 juin ] http://www.linfo.re/ocean-indien/ma...

LINFO.RE – créé le 7.06.2016 à 19h01 – mis à jour le 7.06.2016 à 17h54- La rédaction

Il y aurait au moins 84 adultes et 328 enfants place de la République à Mamoudzou. Ils manquent de nourriture, et les associations ne disposent pas de vivres.

Il y aurait au moins 84 adultes et 328 enfants place de la République à Mamoudzou. Ils manquent de nourriture, et les associations ne disposent pas de vivres. Assani Mfoungouli, président de la ligue des droits de l’Homme section de Mayotte est l’invité de la station de radio Kwezi FM ce matin. Selon lui, la situation place de la République à Mamoudzou est catastrophique. Au moins 84 adultes et 328 enfants y sont recensés, et ils manquent de nourriture, et les associations ont du mal à les venir en aide, car elles manquent de moyen

Assani Mfoungouli lance donc un appel au Conseil Général et au Préfet de Mayotte. Des pistes ont été proposées, mais la situation reste bloquée. Le Préfet a proposé de reloger les familles dans leurs villages d’origine, ce qui est conforme au vœu des associations, mais cela exposerait les familles à un danger certain. Les personnes regroupées place de la République à Mamoudzou seraient prêtes à repartir aux Comores, mais le Préfet serait contre d’après Assani Mfoungouli. La proposition de reloger les personnes en situation irrégulière dans un camp militaire a également été refusée. Les "décasages" continuent Le weekend dernier, six villages ont encore été touchés par des opérations de "décasage" malgré la condamnation du tribunal administratif. Aucun délogement d’habitants illégaux n’aurait été constaté, selon la préfecture de Mayotte. Mais d’autres sources affirment que près de 200 personnes ont participé à l’expulsion de 114 personnes. La décision du tribunal administratif condamne les "chasses aux clandestins" et enjoint la mairie à interdire les manifestations. L’avocate des associations plaignantes, Cimade, Gisti et Secours catholique avait rappelé la peine de 20 ans de réclusion encourue pour les délogeurs.

Communiqué de la Préfecture de Mayotte 8 juin http://www.zinfos974.com/La-prefect... La préfecture de Mayotte reloge les personnes "décasées" Océan Indien La préfecture de Mayotte annonce qu’elle "recherche activement des solutions" pour aider les personnes expulsées. Reloger les personnes en situation régulière, diriger celles en situation irrégulière vers la frontière et gérer les problèmes sanitaires… Ce sont les actions que mène la préfecture. Voici son communiqué :

"Depuis le 19 mai 2016 des familles expulsées de divers villages de l’île se sont regroupées place de la République à Mamoudzou. Dès cette date, la Préfecture de Mayotte a recherché activement des solutions pour le relogement de ces personnes.

Lors de sa rencontre le 30 mai dernier avec les associations de soutien aux personnes décasées, le Préfet de Mayotte, Frédéric Veau, a rappelé l’importance que l’État attache à la situation sanitaire et sociale de ces familles.

S’agissant de la situation sanitaire, celle-ci est suivie attentivement au quotidien par des médecins réquisitionnés par le Préfet. En complément la Croix Rouge, mandatée elle-aussi par la Préfecture, apporte chaque jour soutien et réconfort et prend en charge chaque personne qui en exprime le besoin.

Concernant la situation administrative des familles, un travail d’analyse et de recherches sur la base des dossiers à été engagé par la Préfecture afin de clarifier la situation de chacun. Les personnes se maintenant en situation irrégulière sur le territoire ont été reconduites à la frontière en application de la loi. S’agissant des personnes en situation régulière, dont les certificats d’hébergement ont été vérifiés et s’avèrent conformes, elles ont été raccompagnées dans leurs communes de résidence, grâce à l’implication des maires et des polices municipales. Le relogement de ces personnes n’a provoqué aucun trouble à l’ordre public.

Le Préfet de Mayotte rappelle enfin que toute personne en situation irrégulière peut se manifester auprès de la Police aux Frontières afin de quitter volontairement le département. Mercredi 8 Juin 2016 - 08:08