Annonces du Président Macron sur l’immigration en Guyane : les organisations locales réagissent

Communiqué de onze organisations de la Guyane, 16 novembre 2017
jeudi 16 novembre 2017

Le passage d’Emmanuel Macron en Guyane fin octobre a donné lieu à plusieurs annonces principalement axées sur l’immigration et l’insécurité. Plusieurs organisations de Guyane dénoncent des mesures qui font porter aux personnes étrangères la responsabilité des dysfonctionnements de ce territoire et contredisent les engagements internationaux de la France en matière d’accueil.

La Guyane Insoumise, Alternative Libertaire, le Parti Progressiste Guyanais, le pôle éducation du Kolektif Pou Lagwiyann Dekolé, la CIMADE, la Ligue des Droits de l’Homme, SUD Education Guyane, RESF (Réseau Education Sans Frontière), l’association citoyenne de Macouria, l’Association Tangram, l’ASTIPA et l’Association Inonli dénoncent les annonces faites en Guyane par le Président Macron.

Ces mesures, principalement axées sur l’immigration et l’insécurité font porter aux personnes étrangères la responsabilité des dysfonctionnements de notre territoire. Ceci ne peut que cautionner un discours et des actions qui ont déjà provoqué des dérives extrémistes que nous condamnons fermement.

Ces annonces contredisent les engagements internationaux de la France en matière d’accueil des demandeurs d’asile et viennent par ailleurs s’ajouter à un arsenal répressif déjà appliqué sans succès depuis de nombreuses années et qui crée de la souffrance sans apporter de réponse à l’accueil et l’intégration des personnes étrangères.

S’en prendre aux demandeurs d’asile ou aux familles de Guyane obligées de vivre dans des squats et dans des habitats de fortune ne résoudra en rien le drame social que nous vivons dans notre région. Au contraire, ces pratiques consistant à désigner les plus faibles comme responsables des conditions de vie précaires sur notre territoire, ne peuvent qu’engendrer encore plus d’inégalités et de tensions intercommunautaires.

Elles visent à faire oublier l’inaction de nos politiques face à l’état catastrophique de nos services publics : droit au logement, à la santé, à l’éducation, à la sécurité, à un environnement sain…