Haitiens au Brésil 2010-2015

mardi 11 août 2015

De très nombreux Haïtiens ont trouvé refuge au Brésil depuis 2010. La politique menée à leur égard semble très différente de ce qui se passe en France.

A Manaus des bénévoles de l’association jésuite " Haitianos no Brasil" ont mis en place des aides juridiques, administratives et humanitaires pour ces migrants haïtiens qui trouvent du travail à Manaus .

A Sao Paulo ils étaient 2600 en avril 2014, selon le site forum portal et l’Église qui gère la maison du migrant a tenté de trouver des solutions avec les autorités pour améliorer leur situation, en particulier pour ceux qui viennent de l’État d’Acre frontalier avec la Bolivie. Ils ont été peu à peu dirigés par les autorités dans différentes villes du Brésil. Environ la moitié ont obtenu une carte de travail en 2 mois.

L’Institut des migrations et des droits humains consacre une grande part de son activité aux Haïtiens.

L’immigration haïtienne est signalée comme une situation unique et nouvelle et l’arrivée de ces migrants est continue .

Selon une étude officielle sur l’Etat d’Acre C’est une immigration de jeunes hommes entre 20 et 30 ans qui envoient de l’argent à leur famille restée en Haiti. Ils viennent à 70% de Gonaives.

En 2013 une étude du Ministère du Travail et de l’emploi portant sur 340 personnes montrait que 70% des Haïtiens travaillaient, dans la construction ou le secteur agricoles pour 40%. Les salaires sont bas et ne permettent pas de vivre correctement mais presque tous disent que leurs conditions de vie sont bien meilleures qu’en Haiti. Près de 5000 personnes ont sollicité l’asile entre 2011 et 2012.Une intéressante étude des routes migratoires es présentée. Le trajet dure 15 jours et coute en moyenne 2000 dollars US.

Leguide du travail bilingue portugais Haitien donne des renseignements sur les processus : celui qui demande le statut de réfugié doit se déclarer à la police fédérale ; il obtiendra une carte d’identité d’étranger et une carte de travail. Il a 3 mois pour se déclarer. Il y a des taxes à payer par la banque du Brésil.

Pour aller plus loin

Thèse de doctorat de Joseph Handerson février 2015 : Diaspora:les dynamiques de mobilité haïtienne au Brésil, au Surinam et en Guyane française

Selon le résumé de l’auteur :

Cette thèse analyse les expériences de mobilité des Haïtiens au Brésil, en incluant, dans certains cas, le Surinam et la Guyane française. La recherche est articulée selon trois dimensions : 1) les logiques et les circuits des mobilités haïtiennes ; 2) les logiques des maisons et des configurations de maisons dont font partie les personnes mobiles et stables ; 3) les sens du mot "diaspora" (et le champ sémantique qu’il forme), à partir de la perspective des sujets étudiés, point angulaire pour la compréhension des sens sociaux de la mobilité dans l’espace (trans-)national haïtien, appliqué aux personnes, aux objets, aux maisons, à l’argent et aux actions. L’accent principal est mis sur le contingent des Haïtiens arrivant au Brésil par la triple frontière Brésil - Colombie -Pérou de 2010 à 2013, et ceux qui sont passés par le Surinam et la Guyane française pendant la même période. La recherche ethnographique est articulée à partir de la triple frontière, mais se développe aussi à Manaus, en Guyane française, au Surinam et en Haiti. A télécharger ici

Thèse de Geraldo Castro Continguiba publiée en 2014 : L’immigration haïtienne au Brésil : la relation entre le travail et les processus migratoires

résumé Depuis 2010, le Brésil est devenue une destination pour les premiers haïtiens, et à partir de 2011, le flux principal des entrées s’est fait par la région nord du pays, dans deux zones de triple frontière, Brésil-Pérou-Colombie par la ville de Tabatinga dans l’Etat d’Amazonas, et Brésil-Bolivie-Pérou par les villes de Assis Brasil et Brasileia. Ce travail est le fruit d’une recherche commencée en 2011 et a pour objectif général de discuter le phénomène des migrations et sa relation avec le travail. L’objectif spécifique est d’analyser la migration haïtienne vers le Brésil de 2011 à 2013 et de réfléchir à la relation existant entre ce processus migratoire et le travail en tant que constante de l’expansion capitaliste, en réfléchissant en même temps sur la question de l’insertion sociale. Notre recherche a pris la forme d’une recherche ethnographique, avec observation participatice, à partir de la ville de Porto Velho, dans l’Etat de Rondonia en Amazonie occidentale, en interdisciplinarité avec l’histoire, la sociologie et l’anthropologie.